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A Nantes, Gregory Whatelet revit la tête dans les étoiles

CSI*** DE NANTES. Il a remporté, vendredi, l'épreuve reine de la journée : le Prix du Conseil Général, qualificatif pour le Grand Prix de dimanche. Grégory Whatelet, de retour, sous les couleurs belges, après une escapade marquante en Ukraine est à Nantes, pour retrouver son rang.

Il a retrouvé, avec sourire et bonheur, l'accent du pays. Il y a deux ans ! Sans regret d'avoir posé sur son tapis de selle, deux saisons durant, le drapeau Ukrainien. Des couleurs qu'il contribua à hisser jusqu'au pied du podium des Mondiaux d'Aix-la-Chapelle. "Le résultat a marqué les esprits, mais j'ai surtout vécu une formidable aventure" souligne Gregory Whatelet.
S'il reconnaît avoir longtemps hésité à quitter la Belgique, bien dans ses bottes, il en assume le choix. Et il affirme, sans crainte, en mesurer aujourd'hui toute la justesse. "Pouvais-je raisonnablement refuser cette manne tombée du ciel. J'avais une proposition de travail, un sponsor m'offrait l'occasion de remonter un piquet de chevaux de haut niveau." Il insiste. "En parallèle, j'ai pu côtoyer les meilleurs cavaliers de la planète. J'ai énormément appris et, au bout du compte, j'ai frisé l'entrée dans le Top Ten mondial."
La fin ne justifie pas toujours les moyens lui rétorqueront des esprits chagrins, offusqués de cette expatriation. Peut-être ! "Mais, il ne s'agissait, quoi qu'il arrive, que d'un interlude dans ma carrière professionnelle. Dès le départ, il était écrit que je reviendrais sous la bannière belge. Je n'ai jamais renié mes racines." Pourquoi ne pas le croire ?

Deux ans en pénitence

Un retour au bercail que Gregory Whatelet goûte avec saveur. "Un grand bonheur." Une grande joie tant il a fallu qu'il ronge son frein, s'arme de patience, refasse et répète ses gammes. "C'est la règle ! Un changement de nationalité vous est interdit de disputer, pour votre pays, et pendant deux ans, le circuit Coupe des Nations, Coupe du monde, de briguer une sélection nationale."
Un droit, un sésame que le cavalier a récupéré en octobre dernier. Le tout, enrubanné, il a une petite quinzaine, par l'arrivée, au sein de son écurie, près de Liège, de Wonami. Une belle demoiselle de 11 ans, l'un des fers de lance, jusqu'à lors, de Michaël Whitaker. "Laquelle a tout de même permis au champion anglais hors-normes de remporter les CSI**** de Toronto et Maubeuge."
Chanceux, Gregory Whatelet ?. "Le propriétaire de Wonami habite à cinq minutes de chez moi. Je crois qu'il était satisfait du travail que j'ai pu effectuer avec ses autres chevaux. Et, par commodité, par passion aussi, il a préféré rapatrier son joyau de cheval tout près de ses yeux. Pour moi, ce n'est que du bonus."

Lexington en toile de fond

Wonmani qui possède tous les atours et l'expérience pour toucher l'Everest. "Restons prudents. Elle et moi devons apprendre à nous connaître. Nantes marque, en l'espèce, notre premier saut dans le grand bain. Notre idylle démarre, notre lune de miel se poursuivra tout au long d'une tournée en Espagne. Dans un mois ou deux, nous devrions être sur la même longueur d'ondes."
Avec l'espoir, chevillé au corps pour l'un, sous les sabots pour l'autre, d'enrichir très vite leur corbeille de mariage. "De faire au moins aussi bien que Michaël Whitaker, de pouvoir galoper très vite sur le circuit quatre et cinq étoiles." Rejoindre l'équipe belge. "C'est un objectif". De vivre in fine les Mondiaux de Lexington, début octobre ? "C'est très loin, on a encore du temps avant d'y penser. C'est un objectif qui ne peut que nous faire avancer"
De conjuguer le présent au futur. "En parallèle, je peux m'appuyer, sur quelques très bons huit ans. Au contact de Wonmanie et sur les concours où ils l'accompagneront, ils ne peuvent que se bonifier."
Grégory Whatelet est heureux à Nantes.

Guy FICHET




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